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10 mars 2007

Lida et Rojan – Froux le lièvre

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Un de mes plus anciens souvenirs de lecture, j’entends de lecture personnelle, sans l’aide d’un adulte. On avait dû m’offrir (à quelle occasion ?) cet album durant ma première année de grande école. C’était un livre neuf, mais la première édition datait déjà d’un quart de siècle. Je dirai tout à l’heure quelle révélation fut pour moi ce livre.
C’est l’un des premiers albums du Père Castor, le texte est signé Lida, et les dessins Rojan. Lida était Lida Durdikova, l’épouse de Paul Faucher le créateur de l’Atelier du Père Castor en 1931 et Rojan cachait Feodor Rojankovsky, un artiste russe né en 1891, qui passa en France une vingtaine d’années avant de partir en 1940 pour les Etats-Unis où il mourra en 1970. Le travail de Rojan est en France attaché au Père Castor ; il illustra outre Froux le lièvre, Bourru l’ours brun, Scaf le phoque, Panache l’écureuil, Quipic le hérisson, Martin pêcheur, Plouf canard sauvage et Coucou dans la collection Le roman des bêtes. Il est aussi l’illustrateur du célèbre conte de Noël Michka de Marie Colmont et l’auteur d’une vie illustrée de Daniel Boone, le mythique coureur des bois américain. Rojan faisait partie des artistes qui quittèrent l’Union soviétique naissante. Nathalie Parain aida certains d’eux à travailler pour des éditeurs français. Rojan est certainement, avec Nathalie Parain justement, le plus intéressant de ce groupe. Il réussit à allier une grande souplesse du dessin d’observation avec la tradition de l’art populaire russe, plutôt rigide.
Les animaux de la série Le Roman des bêtes sont représentés dans leur milieu naturel, il vivent des aventures plausibles : dans Froux, le lièvre est poursuivi par un chien de chasse et parvient à s’en défaire en croisant les traces d’un autre lièvre. Nous sommes loin des animaux de Beatrix Potter prenant le thé en costumes victoriens (ou edwardiens ?). En revanche, les pensées des animaux sont étonnamment humaines, le lièvre raisonne comme un enfant de sept ans. Il y a décalage entre un texte gentiment anthropomorphe et un dessin plus près de la nature.
J’ai parlé de révélation grâce à cet album. Je reproduis ici l’image précise qui me la valut :
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C’était la première fois que je voyais un plan, ou du moins que je comprenais comment ça fonctionnait. La poursuite que j’avais lue, à ras de terre, comme Froux, je la voyais de dessus, et je pouvais en suivre les péripéties sur un seul dessin. Une vraie révélation.
Cherchant sur la toile des images de Rojan, je suis tombé sur un autre pan de son œuvre, dont voici un exemple :

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Le reste est ici.