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07 février 2008

Tove Jansson - Moomin et les brigands

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Il a fallu attendre près d'un demi-siècle pour voir éditées en France les bandes dessinées de Tove Jansson et de son frère Lars. Pourtant ses romans y ont connu depuis longtemps un certain succès, et la reconnaissance internationale de son oeuvre aurait pu attirer un éditeur sagace. On ne peut s'expliquer la timidité de l'édition française, tant on a, en lisant cet album, le sentiment de tenir entre les mains un petit chef-d'oeuvre. D'ailleurs le jury du festival d'Angoulême ne s'y est pas trompé qui a récompensé cette résurrection.
Pour les malheureux qui n'ont jamais lu les romans de Tove Jansson, les Moumine sont une famille de trolls dont le physique évoque l'hippopotame pensif. Mounine, le héros est un jeune troll un peu peureux, il vit avec Papa Moumine, qui se rêve aventurier et Maman Moumine plus terre-à-terre et protectrice. Ils sont entourés d'un aréopage de comparses et de seconds couteaux qui introduisent un gentil délire dans le monde simple et gelé de la vallée de Moumine. Snif, la Demoiselle Snorque, le Renaclerican, l'Emule, les Hatifnattes, tout un bestiaire de bestioles improbables qui vivent au bord d'un fjord finlandais. Ils vivent des aventures minuscules en apparence, mais qui peuvent prendre des proportions inquiétantes. Car toujours derrière l'aspect bonasse des aventures resurgissent les inquiétudes enfantines. La jalousie, la peur de l'abandon, la curiosité de la mort sont bien présentes dans les livres de Tove Jansson. Elle imagine jusqu'à la préfiguration de notre puéril omniprésident en la personne de Snif, velléitaire fier-à-bras qui désire par-dessus tout devenir riche et célèbre. Tout ce petit monde fantasmagorique joue une comédie plus qu'humaine qui s'adresse aussi bien aux enfants curieux qu'aux adultes qui le sont resté.
L'album reprend des aventures qui ont été publiées en strips dans la presse britannique entre les années cinquante et soixante-dix. Le graphisme en est étonnamment moderne. Dépouillé, sans effets, il repose sur la pureté de la ligne et s'apparente à ce que faisaient les meilleurs dessinateurs du New-Yorker à la même époque.
Si vous appréciez Moomin et les brigands, n'hésitez pas à lire les romans, particulièrement le dernier Papa Moumine et la mer qui est un récit philosophique délectable.
Un seul regret, pourquoi avoir repris le nom anglais des personnages alors qu'il existe depuis longtemps une transcription française parfaite.
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