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<title>In girum imus nocte et consumimur igni - garcin_christian</title>
<description>Nous tournons en rond dans la nuit et nous sommes consumés par le feu</description>
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<title>Christian Garcin - J'ai grandi</title>
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<author>noreply@blogspirit.com (Didier DELABORDE)</author>
<category>Garcin Christian</category>
<pubDate>Sun, 14 May 2006 18:45:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;em&gt;J’ai grandi&lt;/em&gt; de &lt;a href=&quot;http://perso.wanadoo.fr/calounet/interview/garcinexclusivite.htm&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Christian Garcin&lt;/a&gt; ne déçoit pas. On est d’ailleurs rarement déçu par les livres de la collection « L’un et l’autre » de Gallimard. Sur un mode qui a à voir avec le &lt;em&gt;Je me souviens&lt;/em&gt; de Perec, Garcin dresse l’inventaire de ce qui lui reste à l’âge d’homme de son enfance. Ses souvenirs se déroulent et s’articulisent autour des lieux de son enfance. D’abord les appartements successifs de la famille à Marseille, les maisons des grands-parents à Agde et Prads dressent le premier cadre qui permet à sa mémoire de ramener à la surface l’image de personnes comme on en a tous croisées enfants. Des personnes banales, sans originalité, qui jouent au rami ou à la belote, écoutent le Jeu des mille francs, après avoir été demi-mondaines aux colonies ou épiciers dans les Basses-Alpes. Tout un petit peuple :&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;blockquote&gt;« Favie au beau prénom romain, qui ne sortait que rarement de sa maison, ou Antonia du café, qui avait été très belle&lt;br /&gt;fine silhouette, peau délicate et yeux bleus&lt;br /&gt;Antonia du Baste, la Marie du Jeton&lt;br /&gt;Ces deux dernières bénéficiant du surnom de leurs époux&lt;br /&gt;Le curé Jean à la diction de berger&lt;br /&gt;Il allongeait démesurément les voyelles comme lorsqu’on appelle les bêtes&lt;br /&gt;Maria de Champourcin dite la Miette, Marcel Garcin aux gros sourcils, Damien Chauvin&lt;br /&gt;Qui mourut presque centenaire&lt;br /&gt;Jules Boyer&lt;br /&gt;Qui tenait une petite auberge et fournissait le tabac&lt;br /&gt;Henri Segond&lt;br /&gt;Un des rares, et peut-être le seul, à n’avoir ni surnom ni article défini&lt;br /&gt;Et d’autres encore… »&lt;/blockquote&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Après les demeures familiales, les souvenirs de Christian Garcin sont gouvernés par les écoles qui l’ont vu, rêveur ou rêvasseur trébucher dans la cour ou répondre à côté aux questions posées par une institutrice revêche. &lt;br /&gt;Enfin Christian Garcin organise ses souvenirs autour des lectures de son enfance et de sa jeunesse. Inutile de dire que c’est la partie du livre à laquelle je suis le plus sensible. Les &lt;em&gt;« livres mineurs, considérés comme non littéraires lus pendant mes années d’adolescence »&lt;/em&gt; ont évidemment été ceux qui lui ont donné le goût de lire et l’envie d’écrire. Les Bob Morane et les San Antonio échangés au lycée avec les copains ont servis de modèles aux premiers essais romanesques (les aventures du commissaire San Angelo et de son adjoint Daburier), les comics Marvel aux premiers essais bédéesques :&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://ingirum.blogspirit.com/images/medium_3106_colandaredevil-98splash_sml.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://ingirum.blogspirit.com/images/medium_3106_colandaredevil-98splash_sml.jpg&quot; alt=&quot;medium_3106_colandaredevil-98splash_sml.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;blockquote&gt;« … ceux qui illustraient ces aventures, et dont je recopiais les dessins, avant de me lancer moi-même dans d’improbables histoires dont j’étais le scénariste et le dessinateur, mais que j’abandonnai bien vite vu la complexité de la chose. Mes dessinateurs préférés étaient Gene Colan&lt;br /&gt;qui illustrait les aventures de Daredevil&lt;br /&gt;pour la grande beauté de ses clairs-obscurs, John Buscela&lt;br /&gt;dessinateur du Surfer d’Argent, parfois aussi des Fantastiques&lt;br /&gt;au trait précis et moelleux, assez sensuel, Neal Adams&lt;br /&gt;pour quelques aventures des X-men&lt;br /&gt;au dessin nerveux et fouillé, très moderne me semblait-il dans sa manière de jouer avec le cadre, et Jack Kirby&lt;br /&gt;dessinateur attitré des Fantastiques… »&lt;/blockquote&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De la &lt;em&gt;Chèvre de Monsieur Seguin &lt;/em&gt;au &lt;em&gt;Diable et le Bon Dieu&lt;/em&gt;, des textes littéraires ont aussi laissé leur empreinte sur le jeune lecteur qu’était Garcin, mais leur influence si elle a été plus profonde et plus durable n’a probablement pas, sur le moment été aussi entraînante que celle des livres du second rayon. &lt;br /&gt;On ne vit pas que du sublime. Je me souviens avoir eu du mal quand j’étais bibliothécaire pour la jeunesse il y a plus de vingt ans à faire accepter à mes collègues d’offrir à côté des albums du Sourire qui mord les aventures de l’inspecteur Gadget. Tous les types de livres sont nécessaires. Certains procurent un plaisir immédiat, dont on ne garde que le souvenir du plaisir, d'autres se ruminent, se relisent des années plus tard engendrant un plaisir nouveau. Pourquoi mépriser les premiers au prétexte que les seconds sont plus riches et plus complets ? Comme si on ne pouvait déguster de bonnes omelettes sur un coin de table avec des amis parce qu'on aurait de temps en temps la possibilité de manger chez un grand chef.&lt;br /&gt;Mangeons et lisons à tous les rateliers !
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