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        <title>In girum imus nocte et consumimur igni - bernard_marc</title>
        <description>Nous tournons en rond dans la nuit et nous sommes consumés par le feu</description>
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        <lastBuildDate>Fri, 25 Apr 2008 10:50:54 +0200</lastBuildDate>
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                <title>Marc Bernard – Pareils à des enfants</title>
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                <author>noreply@blogspirit.com (Didier DELABORDE)</author>
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                                                <pubDate>Thu, 05 Jul 2007 16:30:00 +0200</pubDate>
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                    J’avais dit ma &lt;a href=&quot;http://ingirum.blogspirit.com/bernard_marc/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;déception&lt;/a&gt; à la lecture de &lt;em&gt;A hauteur d’homme&lt;/em&gt; de Marc Bernard ; je l’avais mise sur le compte de la forme (recueil posthume d’articles de presse). Je m’étais promis de lire un de ses romans pour céder aux objurgations d’un bernardien du premier cercle. C’est fait. J’ai lu &lt;em&gt;Pareils à des enfants&lt;/em&gt;, prix Goncourt 1942. Et bien, mon impression n’a guère varié. Marc Bernard était un honnête artisan, capable de vous trousser un tableau d’une enfance pauvre qui se tient, mais qu’on a lu des dizaines de fois. Sans remonter à son illustre prédécesseur nîmois comme lui, Daudet, et pour nous en tenir aux écrivains de sa génération, les récits d’enfances pauvres sont légion. Et parmi eux, des chefs-d’œuvre comme &lt;em&gt;Mort à crédit&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Jean le bleu&lt;/em&gt;. &lt;br /&gt;&lt;em&gt;Pareils à des enfants &lt;/em&gt;est plutôt du même tonneau que &lt;em&gt;Changer la vie&lt;/em&gt; de Jean Guéhenno, ou que &lt;em&gt;La maison du peuple&lt;/em&gt; de Louis Guilloux. De la belle ouvrage, à l’ancienne, avec une vraie conscience de classe. &lt;br /&gt;Parce que la vie est dure pour le petit Léonard et de sa mère, abandonnés par un mari et père volage, d’abord dans un quartier populaire de Nîmes, puis à la campagne, ou la mère trouve une place de bonne dans un château. Puis à nouveau à Nîmes. Tout se ligue contre eux. Parce qu’ils sont pauvres. Pas même une orange pour Noël :&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;em&gt;« - En général, quand il n’a pas grand’chose à distribuer, il commence par les maisons riches.&lt;br /&gt;- Je ne lui ai pas beaucoup demandé, maman.&lt;br /&gt;- Et quoi donc ?&lt;br /&gt;- Un livre avec des images et… des bonbons.&lt;br /&gt;- C’est encore trop.&lt;br /&gt;- Je peux tout de même les laisser. On ne peut pas savoir… avant.&lt;br /&gt;Ma mère haussa les épaules et se mit à se déshabiller.&lt;br /&gt;Le lendemain le bruit du moulin à café me réveilla. Me rappelant aussitôt que c’était Noël, je sautais du lit, courus à la cheminée : mes chaussures étaient vides. Ma mère, cessant de moudre, me regardait.&lt;br /&gt;Je me baissai, secouai mes souliers. Peut-être était-ce un petit objet qui avait glissé vers la pointe ? Mais non, il n’y avait rien. Je regardai dans le trou. Mon cadeau ne s’était-il pas arrêté à mi-chemin ? Je ne découvris que les parois noires par où soufflait un air frais.&lt;br /&gt;Alors, venant en chemise, à pas lents, vers ma mère, je la pris par le cou et, soudain, fondis en larmes.&lt;br /&gt;- Il n’est pas venu ! Il n’est pas venu ! »&lt;/em&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;Voilà, le livre entier est dans ce registre. Vécu, sincère, et déjà lu.&lt;br /&gt;______________________________________________________________________________________________&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un petit jeu avant les vacances, &lt;em&gt;Pareils à des enfants&lt;/em&gt; présente un point commun avec la quasi-totalité des autres livres cités dans ce billet. Lequel ?
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                <guid isPermaLink="true">http://ingirum.blogspirit.com/archive/2007/04/03/marc-bernard-–-a-hauteur-d-homme.html</guid>
                <title>Marc Bernard – A hauteur d’homme</title>
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                <author>noreply@blogspirit.com (Didier DELABORDE)</author>
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                                                <pubDate>Tue, 03 Apr 2007 15:20:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    Je suis allé à la facilité. &lt;br /&gt;Chez le même éditeur qui publie le &lt;em&gt;Petit exercice d’admiration&lt;/em&gt; de Christian Estèbe est disponible un recueil d’une dizaine d’articles de Marc Bernard, &lt;em&gt;A hauteur d’homme&lt;/em&gt;. Il s’agit de portraits d’écrivains : Paulhan, Dabit, Barbusse, Zola, Gide, Chardonne, Fargue, Pia et Calet. &lt;br /&gt;Et bien, c’est très décevant. Du convenu, du déjà lu. Bernard dresse pour la postérité le portrait de ceux qu’il a rencontré (sauf Zola, évidemment ; mais il est l’auteur du &lt;em&gt;Zola par lui-même&lt;/em&gt;). Leurs tics et leurs poses. Tout ça fait très &lt;em&gt;gens de lettres&lt;/em&gt;…  Sauf quand il parle de Calet. Ils ont été amis, ils se voyaient toutes les semaines à dîner chez l’un ou chez l’autre. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;em&gt;« Ses yeux étaient magnifiques, pareils à des marrons chauds ; ils brillaient de tendresse derrière le verre étincelant de ses lunettes, et son sourire était parfois celui d’un enfant. Il aimait se caresser le nez doucement, avec amour, et qu’on le plaigne, lui, Calet ; que l’on sente bien tout ce que sa vie avait de gris et qui allait sous une petite pluie qui ne cesserait qu’à sa mort. Il est demeuré fidèle à lui-même jusqu’au bout. Condamné par une maladie de cœur héréditaire, le seul héritage qu’il ait jamais eu, il me disait la dernière fois que je l’ai vu : « Le médecin prétend qu’on ne meurt jamais de la maladie qu’on a. Il me reste l’espoir de mourir du cancer. » Avec un mince sourire intérieur qui affleurait à peine, celui qu’on retrouve dans ses livres. »&lt;/em&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;Rien que pour le portrait de Calet par son ami on peut lire &lt;em&gt;A hauteur d’homme&lt;/em&gt;.
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                <guid isPermaLink="true">http://ingirum.blogspirit.com/archive/2007/03/26/christian-estèbe-–-petit-exercice-d-admiration.html</guid>
                <title>Christian Estèbe – Petit exercice d’admiration</title>
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                <author>noreply@blogspirit.com (Didier DELABORDE)</author>
                                                <category>Bernard Marc</category>
                                <category>Estebe Christian</category>
                                                <pubDate>Wed, 28 Mar 2007 14:45:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    Voilà un petit livre dont j’admire tout. La concision d’abord, on lit tant de pages inutiles. Le titre ensuite, tant il est vrai qu’en matière de livres on fustige avec plaisir que si on sait, par ailleurs, admirer. La manière, sur laquelle je reviendrai. Et désormais l’objet, Marc Bernard (1900-1983), un écrivain dont j’ignore tout, sinon qu’il obtint le Goncourt en 1942 pour un livre que je n’ai évidemment pas lu. &lt;br /&gt;Christian Estèbe, lit, peu après la rupture avec la femme de sa vie, &lt;em&gt;La mort de la bien-aimée&lt;/em&gt; de Marc Bernard. Il identifie l’une à l’autre les deux femmes disparues, l’Else de Bernard et sa Rebecca. Pour surmonter sa peine, pour avoir quelque chose à faire, il entreprend de remonter les traces de l’écrivain. Il l’avait déjà lu autrefois mais : &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;em&gt;« … je ne prêtais qu’une faible attention à l’œuvre d’un auteur qui ne me paraissait en rien majeur et dont les quelques livres, si bien écrits soient-ils, n’avaient rien changé au ronron d’une littérature convenue, tricotant ses œuvrettes pour la vieille république des lettres.&lt;br /&gt;Mais il est si facile, lorsqu’on ne s’y intéresse pas vraiment de juger en quelques lignes une vie, une œuvre. C’est qu’il faut des années de patience, d’efforts et d’attention, pour ne pas aller trop vite en besogne. Pour apprendre à se nourrir d’autre chose que des modes et du tapage qu’elles occasionnent. »&lt;/em&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;Maintenant, il prend le temps. Du cimetière de Bagneux où est enterré Bernard (non loin de la tombe de Paulhan qui fut un appui) à Nîmes, sa ville natale qui lui gardait quelques amis, il rebrousse le temps. Estèbe va se plonger une semaine dans les papiers de Bernard, légués à la Bibliothèque du Carré d’art. Il s’imprègne. Il rencontre les derniers amis de Bernard — presque tous sont morts, Georges Navel, Henri Poulaille, Jean Guéhenno, Eugène Dabit, Jean Paulhan, Alexandre Vialatte, Jacques Chardonne et surtout Henri Calet, le plus proche. Du beau monde, l’aristocratie des écrivains prolétariens, du temps où on pouvait encore se rêver écrivain en n’ayant que son certif. Ceux qui restent comme Raphaël Sorin, Yvan Audouard ou Georges-Emmanuel Clancier livrent quelques vagues souvenirs. Rien d’important, juste des bribes de la vie d’un honnête homme, écrivain, Résistant quand ce fut le moment, et amoureux d’Else jusqu’à sa mort atroce et même après. On comprend l’admiration de Christian Estèbe, mieux, on la partage sans même connaître Bernard. Au terme de ce petit livre on est moins sot ; deux écrivains mineurs nous ont prouvé que les plaisirs de la littérature ne sont proportionnels qu’à ce qu’elle nous touche. Estèbe entremêle ses errances, ses rencontres et ses regrets aux textes de Bernard. Tout cela est tissé lâche pour laisser le lecteur circuler de l’un à l’autre. Il suffit souvent de presque rien et c’est parfait :&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;em&gt;« Me voilà donc près de finir ce parcours en compagnie d’Else et de Marc, de tous ceux qui m’ont accompagné. Cet exercice d’admiration, s’il ne m’a pas fait retrouver Rebecca —  qui pourra me faire retrouver ma Rebecca, Monsieur le hasard ? — m’a au moins permis de marcher dans son souvenir. Peut-être, un jour prochain, irais-je me baigner moi aussi à Cala d’Or devant la maison où si longtemps, si souvent, ils furent heureux. »&lt;/em&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;Je vais lire Marc Bernard.
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