Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

15 janvier 2008

Gilles Gudin de Vallerin - Léo Malet revient au bercail

1ec45e6edc3888bf997f6ff9b5c450b8.gifLe vieux lecteur de Malet pouvait espérer du don que fit Jacques Malet des archives de son père à la bibliothèque de Montpellier - dont ce livre est un panorama – des découvertes. Il en a peu à se mettre sous la dent. La table de Dali, la machine à écrire de Klement, l'écorché à chapeau mou, le mannequin aux escargots... on les connaît depuis toujours. Les couvertures des éditions originales de Malet, surtout celles des romans sous pseudonyme, sont moins connues et affichent un charme certain. La reproduction illisible du manuscrit du Trésor des Mormont, écrit par un Malet âgé de dix ans est une curiosité (malheureusement inutilisable). Ces quelques images ne justifient pas à elles seules un ouvrage de ce prix.
Le texte qui accompagne cette iconographie dont on peut reconnaître qu'elle est bien mise en valeur, reprend ce qui a été écrit depuis longtemps, sans éclairage nouveau. Rien qui ne figure déjà dans La vache enragée, l'autobiographie de Malet. Quelle est alors la nécessité d'un tel livre ? La réédition du Cahier du silence de 1974 ou du numéro d'Enigmatika de 1982 aurait été bien plus pertinente, à laquelle on eût pu joindre cette iconographie. Il existe des introductions sensibles et intelligentes à l'oeuvre de Malet (Lacassin ou Alfu). Pourquoi en donner une sans grâce ni empathie ? La ville de Montpellier voulait-elle son cénotaphe de papier ?

Au moins, ce texte, anodin et insipide, n'est-il ni grotesque ni tendancieux. Ce qui n'est pas le cas d'un opuscule paru cette année, Le Paris de Nestor Burma - L'Occupation et les Trente glorieuses de Léo Malet de Laurent Bourdelas. L'auteur y juge des écrits vieux d'un demi-siècle ou plus à l'aune de la correction idéologique et de la bien-pensance de la presse contemporaine. La même logique qui demande l'interdiction de Tintin au Congo. Il nous promène, d'arrondissement en arrondissement, résumant lâchement les romans, égrenant de vagues banalités, ne remarquant rien de ce qui fait l'originalité de Malet. Il montre, en outre, une totale incompréhension du travail de Malet sur la mémoire du Paris d'avant-guerre. Une lecture à éviter si on ne veut pas s'énerver plus que de raison.

15:55 Publié dans Malet Léo | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Léo Malet