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03 avril 2007

Marc Bernard – A hauteur d’homme

Je suis allé à la facilité.
Chez le même éditeur qui publie le Petit exercice d’admiration de Christian Estèbe est disponible un recueil d’une dizaine d’articles de Marc Bernard, A hauteur d’homme. Il s’agit de portraits d’écrivains : Paulhan, Dabit, Barbusse, Zola, Gide, Chardonne, Fargue, Pia et Calet.
Et bien, c’est très décevant. Du convenu, du déjà lu. Bernard dresse pour la postérité le portrait de ceux qu’il a rencontré (sauf Zola, évidemment ; mais il est l’auteur du Zola par lui-même). Leurs tics et leurs poses. Tout ça fait très gens de lettres… Sauf quand il parle de Calet. Ils ont été amis, ils se voyaient toutes les semaines à dîner chez l’un ou chez l’autre.

« Ses yeux étaient magnifiques, pareils à des marrons chauds ; ils brillaient de tendresse derrière le verre étincelant de ses lunettes, et son sourire était parfois celui d’un enfant. Il aimait se caresser le nez doucement, avec amour, et qu’on le plaigne, lui, Calet ; que l’on sente bien tout ce que sa vie avait de gris et qui allait sous une petite pluie qui ne cesserait qu’à sa mort. Il est demeuré fidèle à lui-même jusqu’au bout. Condamné par une maladie de cœur héréditaire, le seul héritage qu’il ait jamais eu, il me disait la dernière fois que je l’ai vu : « Le médecin prétend qu’on ne meurt jamais de la maladie qu’on a. Il me reste l’espoir de mourir du cancer. » Avec un mince sourire intérieur qui affleurait à peine, celui qu’on retrouve dans ses livres. »

Rien que pour le portrait de Calet par son ami on peut lire A hauteur d’homme.

15:20 Publié dans Bernard Marc | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Henri Calet