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26 janvier 2008

Fabrice Gaignault – Dictionnaire de littérature à l'usage des snobs et surtout de ceux qui ne le sont pas

Ça ne va peut-être pas être une révélation pour mes lecteurs attentifs et subtils, mais pour moi c'en fut une : j'suis snob. Le dictionnaire de Gaignault, qui s'y connaît vraisemblablement en snobisme classe un certain nombre des écrivains qu'on fréquente sur ce blogue parmi les auteurs pour snobs :
André Blanchard, Julien Gracq, Frédéric Pajak, B. Traven ou Zo d'Axa y ont droit à leur entrée. D'autres apparaissent au fil des pages, tangents ou contigus au snobisme littéraire tel que l'entend l'auteur. Je suis bien étonné. L'idée que Traven ou Zo d'Axa appartiennent à la littérature pour snobs m'amuse. Toute leur vie montre leur absolue ignorance de ce concept.
Pourtant l'intuition de Fabrice Gaignault n'est pas stupide : il existe des lecteurs qui aiment à sortir des sentiers les plus battus et qui se faisant se retrouvent et se regroupent derrière des écrivains de valeur qui n'ont connu que des succès d'estime ou qui sont tombé dans un relatif oubli. Est-ce snobisme de lire Gracq plutôt que Jean d'Ormesson ?
Finalement, le Dictionnaire de littérature à l'usage des snobs etc. se révèle une mine si on recherche des petits maîtres peu connus malgré leur talent. Je lirai un jour Édouard Dujardin, Guy Dupré (d'autant plus que je viens de le découvrir dans le dernier numéro du Magazine des livres), Pierre Herbart, ou Maurice Rollinat dont je ne savais que le faon bramant au clair de lune.
Le principal reproche qu'on peut faire à ce dictionnaire est qu'il mélange constamment deux sources. D'une part les écrivains pour happy few, parmi lesquels on peut trouver des paillettes d'or, de l'autre les dandies et assimilés (Adrien, Bannier, Minoret, Pacadis et quelques autres qui oeuvrent effectivement pour une camarilla littéraire). Ces derniers sont généralement de peu d'intérêt et ne survivront pas ailleurs que dans les mémoires de leurs semblables.
Quant à expédier Proust en trois lignes quand Olivier Merlin bénéficie d'une page, c'est pur snobisme.

Commentaires

et le pire c'est que c'est contagieux. j'étais PAS DU TOUT snob avant de venir sur ce blog (Gracq excepté, mais comme j'avais retiré "la forme d'une ville" de ma bibliothèque pour l'offrir, ça compte pas). mais avec Traven, dont j'ignorais l'existence il y a encore deux mois, je rentre dans la liste des snobs... Ce qui m'ennuie le plus, c'est que d'après Vian, être snob ça demande des mois de turbin c'est une vie de galérien...

Écrit par : laurence | 27 janvier 2008

j'adore cette analyse!

Écrit par : nba live | 28 novembre 2010

Les commentaires sont fermés.