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17 septembre 2007

Golo – B. Traven : portrait d’un anonyme célèbre

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On a déjà remarqué mon intérêt pour les biographies en bandes dessinées et les problèmes narratifs qu'elles posent. Je viens d’en lire deux coup sur coup. Par charité, je ne parlerai pas de Kiki de Montparnasse de José-Louis Bocquet et Catel. L’autre est une entreprise paradoxale comme je les aime : il s’agit de la tentative de Golo (le dessinateur qui a le mérite d’avoir fait connaître Cossery à de nouvelles générations) de raconter la vie de B. Traven. B. Traven, mort au Mexique en 1969, est l’auteur de quelques romans âpres qui ont connu un succès dans le monde entier : Le trésor de la Sierra Madre (porté à l’écran par John Huston, avec Humphrey Bogart), Le vaisseau des morts, Rosa blanca, La révolte des pendus et d’articles politiques recueillis en français sous le titre Dans l’état le plus libre du monde. B. Traven, écrivit principalement en allemand, mais aussi en anglais et en espagnol. Surtout il passa sa vie à se protéger, à masquer son identité, à se créer des pseudonymes, à se faire passer pour quelqu’un d’autre :

« J’aimerais le dire très clairement. La biographie d’un créateur n’a pas la moindre importance. Si on ne reconnaît pas l’homme à ses œuvres, de deux choses l’une : soit c’est l’homme qui ne vaut rien, soit ce sont ses ouvrages. C’est pourquoi l’homme créateur ne devrait pas avoir d’autre biographie que ses œuvres. C’est dans ses œuvres qu’il expose à la critique sa personnalité et sa vie. »

Il paraît assuré aujourd’hui qu’il était né à la fin du 19e siècle aux Etats-Unis, qu’il était venu en Allemagne en 1907, où il avait travaillé dans le milieu du théâtre, sous le nom de Ret Marut. Anarchiste, il avait activement participé à la République des conseils de Bavière. Après la chute de la République, il était parvenu à échapper à la répression et quelques années plus tard avait réussi à gagner le Mexique où il exerça des métiers de traîne-misère avant de publier son premier roman en 1925 sous le nom de B. Traven. Désormais il vivra principalement dans ce pays, séjournant au Chiapas, puis s’installant à Mexico. Des zones d’ombre demeurent dans sa vie et les hypothèses les plus fantaisistes continuent de courir quant à son identité.
C’est à cette biographie pleine de trous que s’attaque Golo. Il s’appuie à la fois sur le travail des chercheurs et sur les romans de B. Traven qu’il traite comme purement autobiographique. L’album est de ce fait un peu déséquilibré. La partie allemande, sur laquelle on possède le plus de renseignements, est assez ardue et pleine de discours alors que la partie mexicaine (qui dura trois fois plus longtemps) est nettement plus superficielle, prenant pour argent comptant les écrits de B. Traven. Malgré tout, l’album de Golo, dont le découpage régulier est interrompu de temps à autre par des planches en pleine page qui apportent une respiration graphique bienvenue, fonctionne suffisamment bien pour donner envie de lire ou relire les romans de B. Traven.

La légende dit qu'Albert Einstein aurait répondu, alors qu’on lui demandait quel livre il emporterait sur une île déserte : « N’importe lequel, pourvu qu’il soit de Traven. »

Les informations sures dont on dispose sur la vie de B. Traven : ici

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Qu'ajouter à cet article? sinon la nouvelle URL du dossier de référence dont le lien est périmé: http://acontretemps.org/spip.php?rubrique22

Écrit par : Tororo | 11 mars 2008

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