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05 juillet 2007

Marc Bernard – Pareils à des enfants

J’avais dit ma déception à la lecture de A hauteur d’homme de Marc Bernard ; je l’avais mise sur le compte de la forme (recueil posthume d’articles de presse). Je m’étais promis de lire un de ses romans pour céder aux objurgations d’un bernardien du premier cercle. C’est fait. J’ai lu Pareils à des enfants, prix Goncourt 1942. Et bien, mon impression n’a guère varié. Marc Bernard était un honnête artisan, capable de vous trousser un tableau d’une enfance pauvre qui se tient, mais qu’on a lu des dizaines de fois. Sans remonter à son illustre prédécesseur nîmois comme lui, Daudet, et pour nous en tenir aux écrivains de sa génération, les récits d’enfances pauvres sont légion. Et parmi eux, des chefs-d’œuvre comme Mort à crédit et Jean le bleu.
Pareils à des enfants est plutôt du même tonneau que Changer la vie de Jean Guéhenno, ou que La maison du peuple de Louis Guilloux. De la belle ouvrage, à l’ancienne, avec une vraie conscience de classe.
Parce que la vie est dure pour le petit Léonard et de sa mère, abandonnés par un mari et père volage, d’abord dans un quartier populaire de Nîmes, puis à la campagne, ou la mère trouve une place de bonne dans un château. Puis à nouveau à Nîmes. Tout se ligue contre eux. Parce qu’ils sont pauvres. Pas même une orange pour Noël :

« - En général, quand il n’a pas grand’chose à distribuer, il commence par les maisons riches.
- Je ne lui ai pas beaucoup demandé, maman.
- Et quoi donc ?
- Un livre avec des images et… des bonbons.
- C’est encore trop.
- Je peux tout de même les laisser. On ne peut pas savoir… avant.
Ma mère haussa les épaules et se mit à se déshabiller.
Le lendemain le bruit du moulin à café me réveilla. Me rappelant aussitôt que c’était Noël, je sautais du lit, courus à la cheminée : mes chaussures étaient vides. Ma mère, cessant de moudre, me regardait.
Je me baissai, secouai mes souliers. Peut-être était-ce un petit objet qui avait glissé vers la pointe ? Mais non, il n’y avait rien. Je regardai dans le trou. Mon cadeau ne s’était-il pas arrêté à mi-chemin ? Je ne découvris que les parois noires par où soufflait un air frais.
Alors, venant en chemise, à pas lents, vers ma mère, je la pris par le cou et, soudain, fondis en larmes.
- Il n’est pas venu ! Il n’est pas venu ! »

Voilà, le livre entier est dans ce registre. Vécu, sincère, et déjà lu.
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Un petit jeu avant les vacances, Pareils à des enfants présente un point commun avec la quasi-totalité des autres livres cités dans ce billet. Lequel ?

16:30 Publié dans Bernard Marc | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Marc Bernard

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