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30 avril 2007

Michel Ohl – Pauvre cerveau qu’il faut bercer

414 (je ne les ai pas comptées) bribes.
2 mamelles, le caca et la mort.
C’est un spicilège qu’a composé Michel Ohl en arrachant des lambeaux encore pantelants à son œuvre publiée et à ses papiers encore inédits. Il y rassemble ses phrases les plus drôles, ses phrases les plus noires, ses phrases les plus drôlement noires. Il y montre un goût certain du bancal, du calembour à retardement ou à double détente, du palindrome, du contrepet foireux et du détournement de ritournelle.
Parfois on pioche. Où c’est drôle ? On creuse : a hole. Et du fond du caveau le rire nous saisit. La camar(a)de, comme l’écrivait Maurice Roche, est rigolarde. Ohl est le fils spirituel de Roche. Le trou et la pierre. De quoi faire une belle tombe.
Quelques exemples des jeux sur les mo(r)ts de Michel Ohl :

« SADE ET KANT : poser les dates 1740-1814 – 1724-1804… et laisser agir »

« Maman ment : pas papa »

« Point d’heureux père ! »

« Toi qui frémis au vent car non-couvert
Enfile-moi rapido cet imper »

« à mon enterrement il n’y avait personne ça vous la coupe eh bien je n’en suis pas moi-même revenu »

« Rira seul qui rira le dernier »

« (avant de s’éteindre, il s’était nié) »

« Petit caca Noël
Quand tu descendras du chiel
En bouse en crottin en diarrhée
Oublie pas le marchand d’engrais (saccado) »

« Il s’emmerdait sur terre
Il s’emmerde en dessous »


Le rire macabre auquel Michel Ohl sacrifie est une vieille tradition. Malheureusement, elle disparaît. Les derniers macabres d'aujourd’hui, les gothiques, nos enfants, sont les zélotes d’une mort qui ne pue plus, d’une mort aseptisée, d’une mort qui n’est pas tragi-comique. La merde, Ohl, lui, l’homme qui ricane dans les charniers, nous replonge les deux pieds (et les deux mains, et la tête, et le bec…) dedans. Et ça le fait rire.

14:50 Publié dans Ohl Michel | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Michel Ohl