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08 novembre 2006

Éric Chevillard – Démolir Nisard

Il faut élever une statue à Éric Chevillard. Voilà un homme, un écrivain, qui prend enfin la mesure du problème qui pèse sur la littérature, et depuis fort longtemps. La permanence de Jean-Marie-Napoléon-Désiré Nisard. Cet homme de lettres nous encombre depuis tantôt deux siècles. Il fallait que quelqu’un y mit un terme. Grâce à la prose énergique d’Éric Chevillard, c’est chose faite. Nous respirons mieux et Éric Chevillard a droit à toute notre gratitude. En marque de reconnaissance nationale, je permets de soumettre à mes concitoyens un projet d’érection, oui, un monument qui, sur une petite place de Dijon, ou mieux, de Châtillon-sur-Seine, magnifierait Chevillard. J’ai déjà quelques idées. L’idée générale serait l’Ecrivain terrassant le Critique. J.M.N.D. Nisard gisant au sol, le costume en lambeaux, le visage sous la semelle de l’écrivain. Ce dernier, accompagné d’un palafox, symbolisant le symbolique, une chaise à l’envers sur la tête, la boussole du capitaine Cook à la main et caressant de l’autre un hérisson, nous désignerait, de la troisième, un avenir radieux à jamais débarrassé de la médiocrité nisarde. Ou alors, l’écrivain, représenté à son cabinet de travail, la plume à la main, contemplerait, de l’autre côté de la place, un buste à demi brisé de J.M.N.D. Nisard, définitivement chu sur le sol, et utilisé comme ornement d’un bac à déjections canines. Il y a d’autres possibilités, que je suis prêt à examiner avec toute personne de bonne volonté, décidée comme moi à rendre justice à Éric Chevillard. Car, enfin, est-il normal que notre vie culturelle soit toujours écrasée par la personnalité de Nisard ? Ne gagnerait-on pas à le remplacer par Chevillard dans les nombreuses occasions où on est amené à le citer ? Un homme capable d’écrire 170 pages jubilatoires sur un sujet de cette importance mérite de voir ses rêves les plus fous se réaliser. Et sa Métilde, les yeux écarquillés, pourrait le voir se transformer en sénateur Nisard, en grand uniforme et sabre au clair. Juste récompense pour le plaisir qu’il nous a donné à le lire.
Il faut ajouter, mais chacun le sait, qu’à ses qualités proprement littéraires, Éric Chevillard allie d’autres talents dont la presse, nous a plus d’une fois porté l’écho :

« Éric Chevillard était à bord de son camion pour des raisons professionnelles. Sur l’autoroute, dans un passage sous voie, il entendit soudain une détonation et réalisa qu’une voiture était entrée en collision avec son camion. Il sortit immédiatement et vit que la voiture avait déjà pris feu. Il délivra le conducteur blessé en détachant d’abord la ceinture de sécurité puis en le tirant par la fenêtre. Ces gestes ont probablement sauvé la vie du conducteur accidenté.
Lors de la remise du prix, le 2 avril 2006, dans les locaux de la police du lac à Oberrieden, Éric Chevillard a été fait "Chevalier de la route ". Le chef de la police de la circulation du canton de Zurich, le major Thomas Würmser, a loué sa bravoure et lui a remis le diplôme de "Chevalier de la route“.
Monsieur Peter Relund, président de la campagne, a aussi souligné le sang-froid de Monsieur Éric Chevillard avant de lui remettre la médaille commémorative. »
(La Tribune, 3/4/06)

« SAGUENAY (PC) - Après deux ans passés dans sa région d'origine, la coupe Saguenay a pris le chemin de Gatineau en 2006. C'est Éric Chevillard qui a inscrit son nom sur le précieux trophée à la suite d'une victoire de 8-5 remportée aux dépens de François Gagné, de Longue Pointe en grande finale de cette épreuve à saveur nationale, présentée lundi sur les glaces du club de curling Kénogami à Saguenay.
L'an dernier, ce même Éric Chevillard avait plié l'échine en finale face à Serge Reid, du club Kénogami, pour qui il s'agissait d'une deuxième victoire consécutive. Cette année, le quatuor de la région de l'Outaouais a mené la compétition de fil en fil, et la victoire finale n'a jamais été vraiment mise en doute. »


N'aurait-il accompli que ça, il aurait déjà droit à tout notre respect ! Mais en plus il a réglé son compte à ce cloporte de Nisard. Alors, pourquoi attendre encore pour le lire ?

Commentaires

C'est très drôle.

Mais comment représenter dans cet ensemble le buste à demi brisé de J.M.N.D. Nisard, de l'autre coté de la place ? Le spectateur pourra-t-il discerner - ce qui me semble tellement important - le nom de l'infâme en lettres minuscules ? C'est là un défi sérieux que serait fier de relever tout sculpteur contemporain.

Écrit par : Dado | 09 novembre 2006

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