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01 avril 2006

Raphaël Sorin - Produits d'entretiens

Nonobstant les aspects irritants du personnage, Raphaël Sorin avec ce petit recueil d'articles ramène utilement à la surface quelques écrivains enfouis sous l'amas de nouveautés pas toujours utiles de la livrairie contemporaine. Il rend la parole à Pierre Bettencourt, poète, peintre, artisan du livre, de l'écriture à la composition et au tirage :

"Ce qui me passionnait dans l'imprimerie, c'était de parler avec les caractères. J'interprétais les textes comme un acteur aurait pu les dire, avec les blancs du silence, les mots détachés, les "corps" plus ou moins élevés. Certains caractères sont masculins, d'autres féminins, et puis on peut les imprimer sans encre et les faire parler tout bas."

A Louis Scutenaire, stalinien indompté, hors du temps, ému lui aussi par les poèmes d'Henry Jean-Marie Levet.
A Marc Bernard (Prix Goncourt 1942) qui parle de son ami Henri Calet :
"Son regard était admirable, chaud, plein de tendresse. On ne lui résistait pas ; tout ce qu'il n'osait pas vous dire passait dedans."

A Norge dont les poèmes chantés par Jeanne Moreau résonnent toujours à nos oreilles :
"Les poètes doivent rire de temps en temps. On raconte que Valéry adorait les mauvais jeux de mots et fréquentait les bordels. A le lire, qui s'en douterait ?"

Aux derniers survivants du Grand jeu, Pierre Minet, Artür Harfaux ("Je me suis toujours un peu perdu de vue" dit-il), Sima.
A Georges Ribemont-Dessaigne, âgé de quatre-vingt-dix ans, qui se souvient à peine de Dada.

Quelques chroniques nostalgiques complètent ce petit livre, une dernière visite à un Simenon bunkerisé et diminué peu avant sa mort ; un thé passé chez Roland Barthes à compulser des pages de journaux féminins découpées...
Il est moins convaincant lorsqu'il se rapproche de nous dans le temps. Sa chronique sur Ardisson ou celle qui est consacrée aux "écrivains punk" ne soutiennent pas la comparaison. Attendons qu'ils soient nonagénaires. On ne sait jamais.

Commentaires

Je ne crois pas avoir vu les références du livre en question. Ai-je mal lu ?

Écrit par : Jacques Layani | 02 avril 2006

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