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21 mars 2006

Jacques Baudou - Dossier Pierre Véry

L'excellente revue Temps noir publiée chez Joseph K. vient de publier dans son numéro 10 une étude de plus de 120 pages consacrée par Jacques Baudou à Pierre Véry. Véry fait partie avec André Dhôtel, Léo Malet, Jean Ray et André Hardellet (sur lequel je vais revenir bientôt beaucoup plus longuement) des écrivains que je chéris depuis l'adolescence. Mais Véry depuis plus longtemps encore.

La Bibliothèque verte avait édité en 1960 deux romans de Véry pour la jeunesse Signé Alouette et Les héritiers d'Avril. C'est comme ça que je l'ai découvert pendant mon année de CM2. L'année suivante Les disparus de Saint-Agil m'a fait encore plus forte impression et depuis je suis resté un aficionado de l'écrivain. Avant l'édition intégrale de l'oeuvre dans les années quatre-vingt-dix, j'avais commencé à chercher chez les bouquinistes les romans moins connus et néanmoins pleins de charmes désuets.
Baudou, qui analyse chronologiquement tous les livres de Véry, montre bien comment le très prolifique romancier (il avait un contrat pour douze romans en quatre ans chez Gallimard) s'est progressivement tourné vers cinéma.


Après le succès des deux films de Christian-Jaque, Les disparus de Saint-Agil et L'assassinat du Père Noël, Véry va adapter plusieurs de ses romans, dont Goupi-Mains Rouges pour Jacques Becker, puis il va devenir un vrai professionnel du cinéma, tour à tour, adaptateur, scénariste ou dialoguiste. On le retrouve aux génériques de La Chartreuse de Parme, Papa, maman la bonne et moi ou Mademoiselle Streap-tease. Pratiquement perdu pour la littérature.
Plus près de nous, nombre d'écrivains de la mouvance du néo-polar se sont reconvertis qui dans dans le cinéma, qui à la télévision dans les séries policières et ont abandonné le roman. La perte n'est pas toujours aussi grande que dans le cas de Véry. Cet homme, comme d'ailleurs ceux que j'ai cité au début de cette note, avait le génie des noms de personnages :
Toussaint Juge, Jean Sucre, la baron Gaude, Désiré Triboire, Prosper Lepicq bien sûr et Jugonde, le marquis de Santa Claus, Edmond Gay, Martial Barbotte, Zélie Beluge, Médéric Plainchant, la tribu des Goupi (Goupi-Gazette, Goupi-Tonkin, Goupi-Doux Jésus, Goupi-Mes sous...) sans oublier Martin Squelette.
Francis Lacassin, dans une étude parue jadis, avait dit de Véry qu'il faisait intervenir "la police au pays des fées". C'est précisément cet aspect d'un merveilleux ancré dans le réel le plus banal qui fait le prix de son oeuvre.
Et c'est tout l'intéret du travail de Jacques Baudou d'inciter à lire ou relire Pierre Véry.

Commentaires

"L'édition intégrale de l'oeuvre dans les années quatre-vingt-dix", c'était chez Omnibus, je crois ?

Écrit par : Jacques Layani | 21 mars 2006

Non, non, c'était au Masque en quatre volumes et bien au chaud dans ma bibliothèque, mais seulement pour la partie policière ou fantastique, plus quelques contes ou pièces radiophoniques. Mais la partie roman médicaux et sentimentaux de Véry n'a pas été rééditée elle (j'ai un de ces livres, trouvé vraiment par hasard).
J'ai étudié les Héritiers d'Avril qui est vraiment mon préféré par sa richesse sur les mots et les situations. Signé Alouette est paru en feuilleton dans Pilote je crois, sa composition s'en ressent : il est bien plus faible. J'ai aussi étudié l'Assassinat et j'avais alors réalisé une carte des lieux (le village vosgien est imaginaire et correspond à trois ou quatre lieux à la fois, il n'est d'ailleurs pas loin d'un village du livre).

Écrit par : Dominique | 21 mars 2006

Rien à ajouter à ces renseignements.
J'ai lu "Un grand patron", roman médical, écrit en même temps qu'il écrivait le scénario du film (avec Pierre Fresnay). Sans aucun intérêt, intrigue minimale, platement réaliste. Ce que j'ai lu de moins réussi chez Véry.
A propos de "L'assassinat", le film transpose l'action dans les Alpes, ce qui dénature un peu le roman, et le début du film risque aujourd'hui l'interdiction : les écoliers sortent de l'école, le jour des vacances de Noël et allument leurs clopes sitôt le portail franchi.
Autre temps, autres moeurs...

Écrit par : ingirum | 21 mars 2006

Oui, l'action a changé de lieu, mais il faut voir aussi l'époque du tournage : 1942. Les Vosges étaient en zone interdite et pas en zone occupée. On ne pouvait donc y tourner (d'autant que les gendarmes sont censés passer par les cols alsaciens). Mais toute l'action autour du saint Nicolas, la présence du détective appelé par l'évêque, son enquête avec son fidèle double, les multiples déguisements et la plupart des allusions aux contes disparaissent.

Écrit par : Dominique | 21 mars 2006

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